Ironman 70.3 de Dubaï

ParDamien FRUCHON

Ironman 70.3 de Dubaï

Après mon IRONMAN de COZUMEL au Mexique il y a tout juste 2 mois, je mettais la pression à mon coach (PIERRE MASSONNEAU) en lui annonçant mon inscription sur l’IRONMAN 70.3 de DUBAÏ. Il ne me restait plus qu’à récupérer rapidement pour me relancer dans une prépa comme à l’accoutumé, bien ficelé de cet IRONMAN 70.3.

Avant de lire ce récit, je tiens absolument à rendre hommage à Joël qui nous a quitté dernièrement. J’ai une énorme pensée pour lui et pour sa famille. J’ai écris ce récit avant ce douloureux départ.

J-8 Me revoilà remonté à bloc pour ce nouveau défi (-5H) histoire de …

LANCER OU CLÔTURER LA SAISON ???
A vrai dire je n’en sais rien !!!!

Mais à J-6, la vision de cet IRONMAN 70.3 va prendre une saveur un peu particulière et amère, lorsque j’apprends cette mauvaise nouvelle concernant mon « poto » STEVE, à la suite du Trail des MIOSSONS.

« Je » et « on » prend tous un sérieux de coup de masse derrière la tête, une boule au ventre, un mal de gorge, un sentiment d’injustice. Un cauchemar pour tout sportif. Mais vite on relativise :

« LE SPORT N’EST PAS L’ESSENTIEL DE LA VIE, C’EST SECONDAIRE »

Certes facile à dire je sais, le triathlon étant une philosophie de vie. Mais il y a bien plus important « hein mon vieux r’nard ».

Je vais donc vous relater cet IRONMAN 70.3 de DUBAÏ, en le dédicaçant pour toi mon « STEVE ».

Je suis frustré de ne pas avoir pu venir te voir avant mon départ car si j’ai réussi celui-ci c’est bien grâce ou à cause de toi. Bizarrement des motivations bien plus importantes que la préparation, m’ont poussé à sortir de ma zone de confort :

  • L’amitié,
  • La famille,
  • Les potes,
  • Les lions « seconde famille » avec cette cohésion qui nous unit en dehors et pendant les entraînements,
  • Mais aussi l’injustice.

J-3

Nous sommes le Mardi 28 Janvier départ direction Paris pour un décollage le Mercredi 10H.

Au vu de mon expérience et des déconvenues que j’ai pu rencontrer lors des précédents voyages (Cf Cozumel). Je décide de partir la veille au soir.
Bah vous savez quoi ??? C’était sans compter sur cette tempête « GABRIEL » car oui oui d’énormes chutes de neiges sont annoncées sur la route et qui vont effectivement s’avérer être vraies.

BINGO….

Résultats + de 6H pour atteindre l’hôtel, avec de belle frayeur, décidément je suis garni !!!

Bref l’essentiel était d’être à l’hôtel et surtout dans l’avion le lendemain. Surtout qu’une erreur d’inattention de ma part va vite me faire comprendre qu’une fois de plus l’acclimatation sera pour une autre fois. Puisqu’en réservant je pensais prendre le départ le Dimanche « normal quoi ». Et bien non dans les Emirats leur week-end est le Vendredi/Samedi.

Résultat : Course annoncée le Vendredi matin et dépôt du vélo le Jeudi.

J-1

Le jeudi ???? Bordel j’arrive le Mercredi à Minuit à l’hôtel, ouch du coup pas le temps de cogiter. Le Jeudi matin avant même d’avoir pris mes repères à l’hôtel, direction dossard sac transition.

Puis prépa Vélo,… « vous connaissez le rituel maintenant ».

Bon je prends tout de même le temps de prendre une photo de la vue de ma chambre car quand même ce n’est pas tous les jours que je verrais ça.

Puis retour au parc à vélo, bordel ça souffle. Je place donc mon vélo à son emplacement, analyse le parc et me pose la question « Ai-je bien fait de prendre ma roue pleine ?» car nous sommes une minorité à l’avoir.

Pas grave, y’a plus important et ce n’est qu’un détail. Cf vidéo ci-dessous cliquez

Il est 14h je retourne à l’hôtel qui est à 10mn du parc et au pied du départ natation, ce qui va me faciliter la logistique.

Je décide de faire quelques longueurs avec ma combinaison car oui combar obligatoire eau à 23°C. C’est dingue, je suis très surpris par les vagues.

Je rentre dans l’eau et effectue quelques longueurs pour me réhabituer à la combi. Je me sens bien, analyse ma montre 2’14/100 What ????? Eh bah ça promet pour le lendemain.

Jour J :

Nous sommes désormais le 29, il est 5h du mat soit 2h en France, et avec ce décalage horaire pas encore encaissé, difficile de dire si j’ai passé une bonne nuit.

Ptit déj à l’hôtel où un nombre impressionnant d’athlètes réside, l’ambiance est tendue et palpable. Pour ma part aucune pression.

Direction le parc pour dernière vérif, gonfler les roues, mettre les gels, gourdes et placer l’élastique sur les chaussures vélos, car les transitions sont longues sur IRONMAN.

Puis retour à l’hôtel où l’avantage d’avoir sa chambre au pied du départ natation, permet de se poser au calme plutôt que d’attendre dehors sur le sable pendant 1h. Je descends 5 mn avant le départ.

Il est 7H15 le soleil se lève et les pros s’élancent. Au vu de l’état de la mer, j’hésite à me placer dans le 1er SAS 25-30mn, mais lorsque je vois celui du 30-35mn plein, ma décision est prise 1er SAS.

C’est parti je cours vers l’eau et m’élance pour 1900m dans le golfe Persique le long de l’hôtel 7 étoiles burg el arabe.

À peine 500m de nat que je me fais direct stopper par un participant qui nage la brasse. Bordel je grogne me décale et relance ma nage, mais ce n’est malheureusement pas la seule fois où je vais grogner puisque cela va m’arriver 3 fois supplémentaires.

Je trouve cela anormal que lors du Rolling Start, il y ait encore des participants qui nagent la brasse les ¾ du parcours et qui se placent dans le SAS 25-30mn. Soit ils n’ont pas compris le principe soit ils nagent la brasse plus vite que moi en crawl.

La nat se passera ensuite convenablement je check ma montre 33’ mouais peu mieux faire. Pas grave go transition à bloc. J’ôte ma combinaison la place dans le sac, enfile mon casque et cours pour enfourcher mon fidèle destrier et m’élancer pour 90km dans le désert.

J’appuie direct sur les pédales car nous sommes un petit groupe et je n’ai pas envie d’être à la merci d’un carton.

Le vent souffle assez fort, les watts montent très vite. Pas grave, pense à ton poto et appuie… J’avais décidé de n’afficher sur ma montre que les watts et fréquence cardiaque et de rouler à la sensation, pas d’indication de temps, ni de vitesse.

Je me sens bien, prends conscience de la chance que j’ai d’être là. Je roule, et double assez rapidement pas mal de monde.

Incroyable, je prends le temps de regarder le parcours, nous sommes sur une route à 5 voies dont 3 nous sont privatisées avec un revêtement extraordinaire et plus les km passent plus le décor se dénude pour se retrouver dans le désert, le KIFFF !!

J’aperçois sur l’autre voie, la voiture ouvreuse (photo) mais nonnnn…. Bah si tu es bien à DUBAÏ.

Puis vous ne devinerez jamais. Au bout de 20km, je vois un photographe « petit sourire » et j’entends et le voit canarder juste derrière moi. Je me retourne et là j’ai carrément 10 mecs collés à mon cul. Alors qu’il y a largement de quoi se décaler. Je gueule « no draftiinnnggg » mais rien. Du coup face à ces comportements anti-sportif, je m’énerve et j’écrase une fois de plus les pédales et me retrouve pendant bien 15mn à exploser les watts.

Et là je pense aux fameuses sorties vélo avec Steve et Pierre sur notre route favorite PLEUMARTIN-CHATELLERAULT.

Et je me dis « Pense que tu es en retard au boulot et allume et que Steve et Pierre qui ronchonne », où encore mon François qui grogne « mais il nous fait quoi le FRUCHON ??? ».

Pour le coup j’appuie et arrive à rigoler en même temps, 10 km plus loin, je me retourne et plus personne. Non mais oh !!!

Et c’est à ce moment-là que j’aperçois que dans 1 km demi-tour annoncé. Déjà ??? Cool pour le coup, je peux aussi remercier les gugusses qui m’ont excité car je n’ai franchement pas vu les km défiler !

résultats 45km en 1H15

Top pile poil dans mes temps. Mais 45km plein vent c’est épuisant pour les jambes car le parcours est pratiquement plat, ce qui ne laisse aucun répit aux quadris.

Demi-tour et là une autre course démarre, mes cuisses me font savoir que je force, peu importe, je pédale position aéro, rattrape de petit groupe et file tête baissée. Pendant les moments durs, une seule chose me vient en tête « STEVE ». Je n’ai pas le droit de flancher, pense au nouveau combat qu’il va devoir affronter et te plains pas, tu n’as pas le droit.

Les kms s’enchainent, j’ai l’impression d’aller à une vitesse folle car je dépose un nombre impressionnant de coureurs une nouvelle fois, je décide de jeter un œil sur mon allure 49km/h pouahhhh « Roue pleine payante ». Je me reconcentre, puis commence à apercevoir les bulddings, bientôt la fin allez encore un petit effort.

Résultat, vélo bouclée en 2H20 NEWWWW RECCCORD.

Mince j’avais dit à ma chérie, « compte environ 2H30-3H de vélo » donc pour le coup j’arrive solo dans le parc à vélo. Je file rapidement déposer vélo et chausser les runnings.

Je pars pour les 21km, les 7 premiers kilomètres s’enchaînent bien et à l’allure que je souhaite. A savoir moins de 4’45 au kilomètre pour boucler le semi-marathon en moins de 1h40.

Mais ce n’est sans compter sur le vent au demi-tour qui va me faire durcir la course. Je continue « profite mec » le parcours est sympa tout au long de la mer mais où l’ombre est inexistante.

J’arrive au 14km, j’aperçois enfin ma chérie qui m’encourage oufff cela fait du bien. Allez encore une petite boucle de 7km et tu as fini mais la chaleur commence sérieusement à monter, à tel point que la machine surchauffe très vite. C’est à ce moment-là que mes espoirs du 1H35 sur le semi vont s’envoler.

Sur la 1ère boucle je m’étais efforcé à ne pas m’arrêter au ravito en chopant rapidement coca et eau. Mais sur ce dernier tour, ce fût impossible même si l’envie de réaliser une belle perf une fois de plus pour mon STEVE ne cesse de circuler dans ma tête, il me fallait absolument des éponges, et de l’eau pour me refroidir donc sur chaque ravito, arrêt obligatoire.

Il est 11H30 ça cognnnneee, après chaque ravito, je repars avec la sensation d’aller bien mieux mais les 7 kilomètres restants se feront à la même allure.

L’arrivée approche, dernière ligne droite, je pense à ma chérie qui m’attend. Ma chérie à l’arrivée ??? A bah non, il me reste 700m quand je l’aperçois surprise adossée à une fenêtre à l’ombre et elle m’encourage « Allez courage encore un tour et c’est fini ».

Euh j’éclate de rire et lui dis «ma chérie désolée mais j’ai fini et je n’ai surtout pas envie de repartir ». Oh la boulette !!! Je rigole tout au long du tapis rouge pour finir cet IRONMAN 70.3 de DUBAÏ avec cette satisfaction d’accomplissement et d’avoir sortir la COURSE pour toi mon STEVE.

Merci à tous pour vos encouragements.

Pendant ma préparation et durant les entraînements, mon objectif était simplement moins de 5H. Mais après cette terrible nouvelle, j’ai pris cette course dans une optique différente : « Plaisir »

Ce voyage m’a montré qu’en réalité au-delà de la recherche de performance, le plus important est de profiter de chaque instant, de réaliser la chance que l’on a et d’être surtout super bien entouré. Car pour le coup, j’ai réalisé une de mes meilleures performances tout simplement en pensant à toi mon STEVE et à vous tous, à cette joie que l’on a chaque fois que l’on se retrouve aux entraînements, sur des compétitions ou même à l’extérieur.

Merci à toi Pierre d’inculquer cette discipline et cette ambiance.

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