Ironman de Cozumel, quelle expérience !

ParDamien FRUCHON

Ironman de Cozumel, quelle expérience !

Et bien cette fois-ci, je peux le dire la fin de Saison 2018 s’est achevée par l’IRONMAN de Cozumel au Mexique.

Cozumel étant au Mexique ce qu’Ibiza est en Espagne. C’est donc l’occasion de s’offrir une parenthèse ensoleillée au moment où les grands froids arrivent en France, et ceux grâce à mes ami(es) et ma famille qui m’ont offert cette opportunité. Voici donc en quelques lignes (ou pas) le résumé de cette aventure.

Un voyage !

Départ le 14 de Paris avec Brice, Aurélie et bien entendu Sabine. Il est 4h du mat, tout le monde debout. C’est difficile, mais pour partir en voyage au Mexique on a le smile. Mais c’était sans savoir ce qu’il allait nous arriver.

A peine 5h pour un décollage à 7h20, nous sommes déjà face aux guichets pour l’enregistrement, on est largggeeee !!! La suite nous dira que non.

1er coup de doute : lors de l’impression des billets à une borne automatique. Lorsque je présente notre N° de résa et qu’un ticket s’imprime indiquant « Erreur problème identification, adressez-vous au Guichet 63 ». Là on s’interroge ???

2ème coup de stress : 5h20 les guichets pour l’enregistrement pour Cancùn ouvrent enfin, direction le 63 avec notre ticket que je lui présente, ainsi que les numéros de réservation internet.

Après bien 10 mn d’attente face à elle, sans qu’elle ne dise un mot, nous là regardons chercher, cliquer sur son écran, appeler plusieurs de ses collègues, puis téléphoner.

Là je peux vous dire que la palpitant est à son apogée. Nous n’attendions qu’une chose c’est qu’elle nous dise : « c’est ok ». Car de mon côté j’essaie de ne pas montrer mon inquiétude aux autres, mais en réalité ils sont dans le même état.

3ème coup de stress : Elle se décale enfin pour m’adresser la parole, je ne respire plus. « Mr FRUCHON, nous avons un souci avec vos billets électroniques » … C’est exactement ce que je ne voulais pas entendre.

« Il n’y a que 3 billets sur 4 de validés, l’agence avec laquelle vous avez réservé sur internet a dû faire une omission et nous ne pouvons actuellement vous faire partir tous les 4, jusqu’à Manchester, avez-vous possibilité de les contacter ? »

Euh à 5h30 du matin cela va être compliqué.

Cardio 172 pulls !!!

Donc direction guichet FLYBE, on se présente puis explique le problème. La personne vérifie et nous dit tout simplement : « ah oui effectivement il y a eu une erreur ».

De là, je me dis c’est bon elle va résoudre le problème, et me dit par la suite : « Malheureusement je ne suis pas habilité à faire ce genre de manipulation » .

Cardio 176 pulls !!!

Euh faudrait tout de même résoudre le problème. Un de ses collègues vient à notre secours « ou pas » en réalité. Il fait tout un tas de manip, il est 6h45, oui oui 6h45. Et nous dit « c’est bon vous pouvez aller au guichet d’Air France, je pense avoir résolu le problème ».

OUFFF !!!

Direction guichet 63 et la réponse fût sanglante : « Désolé Mr mais rien ne nous prouve que nous serons payés par l’agence dont vous avez fait la réservation. Si vous voulez partir tous les 4, il va falloir acheter un billet A/R Paris Manchester, et très rapidement ». Il est 7H15.

Plus le choix, sprint achat billet puis re guichet 63. Enregistrement des bagages fait en express. Puis la gentille dame nous glisse gentiment :
« COURRREEEZZZZZ, au comptoir 42 pour embarquement avant que l’avion en décolle ».

Cardio 182 pulls !!!!

Comme dans un film, 4 gugusses courent à la vitesse de la lumière en criant « pardon, désolé, excusez-nous » un truc de dingue.

Résultat : 7H35 dans l’avion, assis à essayer de récupérer et de reprendre notre souffle.

Direction Manchester !!!!

Durant les 1H15 de vol on retrouve notre lucidité et on espère ne pas avoir à revivre le même scénario. Bizarrement, aucun souci de billet électronique. Heureusement car le prix du billet Manchester Cancùn n’aurait surement pas été le même que Paris Manchester.

Mais encore… une incompréhension lors de l’enregistrement des bagages. Pourquoi l’un de nous a récupéré sa valise alors que pour les 3 autres, les bagages ont transité en direct. Nous avons dû expliquer avoir racheter un billet suite à une erreur etc, etc. Bref nous avons parlé avec nos plus belles phrases en Anglais :

« I don’t Know, but I suppose que yes …. » Problème résolu.

Nous retrouvons un peu le smile, Oufff direction Cancùn 11H de vol.

  • 18h30 Heure locale : Arrivée, récupération bagages et vélo, et Navette direction Playa del Carmen 45mn de route.
  • 20h00 : Bateau Ferry direction San Miguel Cozumel. Les filles sont cuites.
  • 21h00 : Attente taxi puis direction Hôtel.
  • 23H00 : DELIVRANNNCEEEE on s’installe, enfin on pose valise on verra demain ….

Préparation avant course

Je n’ai que 3 jours pour m’acclimater. Je ne me disperse pas (retrait dossard, montage vélo, …). Place ensuite à un petit shake out ride de 30km, ainsi que CAP puis place au rituel préparation des sacs.

Il fait chaud et humide, sans aucun doute nous sommes au Mexique ! Un vent impressionnant, à un point tel que les organisateurs ne savaient pas la veille si la natation serait maintenue ou non (forte houle).

La particularité de l’IRONMAN de COZUMEL c’est la logistique. Départ Natation, départ vélo et départ CAP à 3 endroits différents. Ce qui oblige à bien préparer ses sacs et surtout à bien repérer les lieux. Surtout lorsque l’on a affaire à un parc vélo comme celui-ci :

Jour J : la course

5h du mat, nuit noire, ils sont prêts.

Après un bon petit déj, nous enfourchons nos scoobis « oui nous avons loué pendant notre séjour à Cozumel comme moyen de transport, des scooters ».

4 Frenchy en pleine nuit à 5h direction le parc vélo (un sacré moment). Puis direction le départ Natation.

7h : impossible de s’échauffer dans l’eau donc échauffement à sec et dernier moment de détente avec mes 3 fidèles supporters.

Direction le SAS 50mn-1h. Nous y voilà, mélange d’appréhension, d’excitation malgré l’expérience. Hâte de me mettre à l’eau. Nous sommes tous en place. Musique d’ambiance « ACDC » ça chauffe… On est tous pressés… pressés d’en découdre et pressés comme des sardines avec les 2000 participants.

« Laisse tombé faut le vivre pour le croire »

Natation

GO, VAMOS, je suis celui qui fait un coucou avant de faire un petit plongeon (même pas peur de perdre mes lunettes) dans ce qui va être pendant 3800m un vrai lagon.

Je sais que je dois bien partir si je veux tenir l’allure des autres nageurs du SAS. Et rapidement je constate que je double fort… je m’interroge : trop rapide ou beaucoup étaient trop ambitieux ???? Pas le temps de tcheker la montre, les sensations sont bonnes, je continue.

Nous avons souvent du mal à connaître notre allure en natation durant une épreuve mais depuis le temps et les entraînements, je sais que je suis dans le timing sans me mettre dans le rouge. Je nage et profite des fonds marins « magnifiques ». La mer est agitée mais j’ai connu pire dans le passé à Deauville !! Pierre et YO doivent s’en rappeler.

Je joue avec la houle, les km passent. 3-4 mouvements de crawl polo et j’aperçois déjà le ponton d’arrivée. Je sors de l’eau je check ma montre 59’13 bimmmm new record.

Parfait ! top ! et surtout sans combinaison, ah oui j’ai oublié l’eau était à 26°.

Comme sur chaque IRONMAN, généralement les transitions sont assez longues. Je cours, je souris à mes supporters qui donnent de la voix (qui d’ailleurs seront les seuls à avoir des perruques !!! mais pas besoin de cela pour les repérer, car ils ont de la voix… croyez-moi.)

Je récupère mon sac et me change rapidement. Maintenant direction le vélo, je dois bien courir 200 à 300 m, j’ai donc décidé auparavant que je ferais cette transition en chaussettes, les chaussures à la main.

Ouille ouille ouille, ce n’est pas terrible…

J’arrive à mon vélo, j’enfile mon casque, mes chaussures et….mince 1ère erreur, cailloux dans la chaussure, ils ont dû coller aux chaussettes.

Je m’arrête, déchausse et grimpe enfin sur mon vélo.

Et bimm la 2ème erreur arrive très vite, je n’ai pas placé ma montre sur mon vélo et le revêtement au départ n’est pas terrible, le vélo vibre je declipse ma montre pour la mettre tant bien que mal.

Puis au bout d’une minute, je me rends compte que je suis encore en mode transition sur ma montre je « back » mais ce n’est pas possible ces erreurs de débutant !!!

Vélo

En vélo c’est simple, le plan est de tenir une puissance à un peu près constante environ 210 watts soit 33-35km/h pour ma part sur du plat. Sur du plat ? oui mais c’est sans compter sur le vent qui va s’intensifier d’heure en heure, la chaleur, l’humidité et la condition physique. Car il faut être capable d’accepter d’être toujours en prise, appuyer sans répit, ni récup sur les pédales.

C’est donc parti, je roule 1er ravito : « AGUA AGUA » super je chope le bidon et là : « Mais non !!! pendant 3 jours auparavant, j’ai fait attention à ne pas boire d’eau du robinet histoire de m’éviter des problèmes gastriques, et bien les gourdes étaient remplies de glaçons ». C’est dingueee. Mais ils vont s’avérer être très utiles au fil de ma course.

1er tour : 60km, 35km/h de moyenne, je m’attends donc à être dans mes temps, même si le vent et la chaleur s’imposent de plus en plus. A chaque panneau kilométrique je check ma montre et mon temps, et j’essaie de calculer mon prévisionnel mais je n’y arrive pas, ça me saoule.

Je me reconcentre !!

Je croise mes fidèles ATTITUDE ET SOURIRE idem devant le photographe. VAMOS !!

2ème tour : Maintenant, je connais les difficultés et la beauté du paysage du parcours, où les longues lignes droites commencent à user l’organisme et le moral, et donc renforce la monotonie. La mer turquoise te fait oublier un instant que la fatigue s’installe car le vent lui te remet vite en place !! Il devient de plus en plus soutenu au fur et à mesure que les heures passent.

Dur dur, je me ravitaille correctement à chaque ravito. Mais j’ai encore fait une erreur. Certes je n’ai pas hésité sur la quantité de barres de céréales dans mes poches mais NB à moi-même : Lors de grosse chaleur, éviter les barres avec du chocolat. Ça colle au papier et c’est une horreur à ouvrir et je galère un peu à chaque fois.

Le deuxième tour se terminera sans trop d’incidents, malgré les cervicales qui commencent à coincer, et le postérieur qui ne tient plus sur la selle.
Et surtout pas de chute car oui oui, je croise des cyclistes et vélos à terre, mais WHY??? Bref résultat 120km 33km/h de moyenne parfait, mes supporters ont toujours de la voix …

3ème tour : Allez Damien plus qu’1 tour, mais qui au bout de 10km va devenir « bordel encore 50km ». Car oui, au 130km coup de masse, je ne cesse de me faire doubler, je pédale mais n’avance plus, face au vent 24km/h poauhhh là je suis dans l’dur. J’ai pourtant l’impression de tout donner, cela fait mal, je suis fatigué, envie de dormir, j’ai chaud, plus de jus, le vide, le néant, comme on dit dans notre jargon :

« J’ai pété »

J’entends la voix du coach « ATTITUDE », mais impossible, plus l’envie de me faire mal. J’ai l’impression de pédaler sur place. ATTROCE. Sur un IRONMAN, il y a toujours un moment très difficile où le physique laisse place au mental pour continuer. Mais si tôt ??? je ne l’avais pas envisagé. Je continue comme je peux pour finir (il y a juste à regarder les photos).

5H56 environ 30,4 km/h de moyenne. Donc bien loin de mes objectifs. Mais sur le coup, cela n’a plus d’importance.

Je laisse le vélo aux bénévoles, et ouf heureusement car la descente du vélo fût déjà un supplice alors l’idée de ramener le vélo et de le soulever pour l’accrocher !!! juste impossible… Je rentre donc sous la tente après avoir récupéré mon sac.

Course à pied

Je suis vidé, je m’assoie, mais j’ai l’impression de ne pas être le seul dans cet état. J’ai le regard dans le vide quand soudain un bénévole gentiment ouvre mon sac CAP et commence par vouloir me mettre mes running aux pieds :

« WAOOH SORRY PLEASE SLOWLY I’M VERY FATIGUÉ »

RRhoo j’ai même réussi à me faire rire en m’écoutant, cela prouve bien mon manque de lucidité. Je n’arrive plus à trouver mes mots, l’essentiel c’est qu’il m’est compris. Je décide donc de prendre mon temps, de bien boire, de m’alimenter et me changer tranquillement.

Je suis assis sur ma chaise, je regarde les concurrents. On est tous marqués par la chaleur. Certains se résignent même à partir. Faut l’avouer je me suis posé la même question. Car quand tu n’as plus rien et que tu te dis « bon il te reste 42km en course à pied » tu hésites à dire « il me reste plus que » ou « encore ».

Au même moment, perdu dans mes pensées… j’entends mon Brice National, non International, qui a réussi à se faufiler je ne sais comment au pied de la tente. Il hurle (car le kiki il ne sait pas crier) et fait sursauter toute la tente « allez mon DJAM » « VAMOS » « VENGA, VENGA ».

Cela a un effet immédiat et me remet dans le bain, je le regarde et dis : « Oh mon lapin c’est grâce ou à cause de tes ami(es) que tu es ici, donc pas le droit de flancher ».

J’enfile ma casquette et me lève. Dans ma tête s’est reparti : « Allez vas-y, tu y es ». Je sors de la tente, tout le monde m’encourage, j’ai presque envie de sprinter, mais j’ai bien dit« presque » car en 10 secondes, c’est très vite oublié. La sensation d’avoir des parpaings à la place des cuisses et des briques à la place des pieds te remet vite en place.

Il est 14h. Vous constaterez par vous-même la pureté de la foulée de tous les concurrents qui sortent.

Donc là pas de stratégie, une fois la machine relancée, objectif « finir ». Il n’y aura pas de détails sur la course à pied. Les photos et vidéos parlent d’elles-mêmes. Le parcours est composé de 3 tours de 14 km. Le soleil et la chaleur du sol se sont mis d’accord pour rajouter un peu de piment. Il y a des ravitos partout et toujours : avec des glaçons !! . Qui d’ailleurs vont trouver une utilité sous la casquette, histoire de rafraîchir le bonhomme en ébullition à chaque ravitaillement.

1er et 2ème tour en 1h30 chacun. J’ai essayé de ne pas marcher en pensant aux entraînements, ma soirée, mais cela n’a pas eu l’effet escompté, presque l’inverse.

Photos 1er tour :

Photos 2ème tour :

Une petite voix vient me susurrer à l’oreille : « Sérieux Damien, à croire que tu ne t’aimes pas, tu te fais mal à EMBRUN, et tu t’en recolles un autre, t’es vraiment couillon !! ».

Voilà ce que j’avais à l’esprit, j’ai donc vite pensé à autre chose, en l’occurrence « à rien » et juste avancer…

Photos 3ème tour :

Sur ce marathon, ce que je retiendrais c’est :

  1. L’utilité des glaçons
  2. L’engouement des Mexicains en nombre « impressionnant »
  3. Le nombre d’abandons, de malades, en passant par l’ambulance pendant la course à pied. Peut-être que je n’y prêtais pas attention auparavant, mais au vu de ma lenteur sur mon dernier tour, j’ai eu le temps de m’en rendre compte. (Entre 340-360 sur 2000).

Puis arriva le tapis rouge tant attendu et apprécié. J’y ai tellement pensé à chaque tour. Les vidéos et les photos résument tout. La fin d’un supplice, une satisfaction même si loin de mes chronos, je suis à nouveau FINISHER et je m’en contenterais.

Il faut savoir être humble, se remettre en question. J’ai été loin de la soit-disante machine. Mais peu importe, y’a encore du boulot. Comme quoi, ce n’est pas parce que l’on fait 5 IRONMAN, qu’ils vont devenir plus faciles. Chacun a sa particularité.

Mais en résumé un IRONMAN c’est quoi ?

DE LA PERSÉVÉRANCE, DES EFFORTS, DES DOUTES, DES SACRIFICES, DE LA VOLONTÉ ET SURTOUT DE LA SATISFACTION !

Alors triathlète ou non, je vous invite tous à découvrir l’exceptionnel et passionnant défi d’un IRONMAN.

Un ÉNORME merci à Aurélie, Brice et Sabine qui m’ont encouragé tout au long du parcours, et avec qui j’ai passé un séjour au TOP.

Et bien entendu, un BIG remerciement encore à mes ami(es), ma famille, pour ce magnifique cadeau. A croire que vous aimez me voir souffrir.

Merci également à tous pour votre soutien, vos messages d’encouragements, avant pendant et après la course.

Mille Mercis

Et pour ce qui est de la récup, tout s’est très bien passé.

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